Présentation Contexte local Problématique
JDM sur Chiloé Chronogramme des activités
Partenaires




Présentation

Jardins du Monde accompagne le travail des communautés mapuche, dans le petit village de la cordillère des Andes qui s’appelle Curarrehue, en Araucanie (IX région), mais également sur la côte, dans le petit village de Calen sur l’île de Chiloé, dans la région des lacs (X région).


Etude ethnobotanique dans la cordillère des Andes
et retour d’information :

De novembre 2002 à avril 2003 a été réalisée une étude floristique et ethnobotanique dans la communauté mapuche Huaïquifil de la commune de Curarrehue, à la frontière entre le Chili et l’Argentine. Au cours de cette étude, une centaine de plantes à usages pharmaceutiques, alimentaires, tinctoriales et rituelles a été répertoriée et identifiée.
Suite à ce travail, des investigations bibliographiques sur les données empiriques et scientifiques ont permis de sélectionner les plantes les plus efficaces, disponibles et sans danger.
Une compilation des plantes, de leurs propriétés, de leurs usages et de leurs préparations est actuellement en cours de réalisation. Ce manuel de plantes médicinales, destiné aux populations rurales de la cordillère des Andes souhaite valoriser tant les plantes de la pharmacopée traditionnelle mapuche que les plantes introduites, maintenant partie intégrante de la flore locale, aux propriétés médicinales reconnues. Ce manuel sera distribué gratuitement aux communautés du village de Curarrehue ainsi qu’aux écoles où il servira de base à la réalisation prochaine d’activités d’éducation à l’environnement et à l’utilisation des plantes médicinales.


Projets d’éducation à l’environnement
et ethnobotanique :

De nouvelles missions permettront de formaliser les partenariats et de valider la formulation d’un nouveau projet avec les établissements scolaires ruraux de Curarrehue et Calen.
Ce projet a pour objectifs de développer les échanges intergénérationnels et interculturels entre le peuple williche, de la côte, et pehuenche de la cordillère des Andes, grâce à la valorisation de l’utilisation traditionnelle des plantes.
Les jeunes des établissements scolaires ruraux seront sollicités pour enquêter auprès de leurs parents et grands-parents mais également dans le cadre de la réalisation d’expositions et de matériel pédagogique.

L’île de Chiloé, Chili

« Chiloé est une terre pluvieuse de forêts froides. On peut l’appeler le pays de la pluie. Il y a des ouragans qui ressemblent à des rugissements au milieu des pleurs et des gémissements. Nous, les chilotes (habitants de Chiloé), nous aimons le souffle de liberté qui nous vient de la mer. Les marées rythment depuis des siècles la vie de mes compatriotes. (…) Puis, il y a les " alerces " vieux de plus de trois mille ans, que l’on n’a pas protégés comme on aurait dû le faire. Ils conservent dans leur sève trois mille ans de pleurs. Ce sont eux qui, sur les toits des maisons, font naître la musicalité des larmes versées par l’éternelle pluie du sud. »
Francisco Coloane, écrivain chilote



Contexte local


La province de Chiloé, dans la Xe région du Chili, la région de Los Lagos, est située au sud austral du continent américain, à cinq cents kilomètres de Concepcion, à mille kilomètres de Santiago du Chili. Aux prémices de l’Océan pacifique entre les parallèles 41°44’ et 43°17’ de latitude sud et les méridiens 72°45’ et 74°30’ de longitude ouest.
Cette province est composée de " l’Isla grande " et de l’archipel. La grande île, de configuration rectangulaire, compte 800 000 hectares. Longue de deux cent cinquante kilomètres et large de cinquante kilomètres, l’île de Chiloé est la plus grande île de l’Amérique du sud après la Terre de feu. L’archipel comprend quarante îles dont trente-cinq habitées.
La province de Chiloé est divisée en dix communes, qui sont du nord au sud, celles d’Ancud, Castro (capitale de la province), Quinchao, Curaco de Velez, Quemchi, Dalcahue, Chonchi, Puqueldon, Queilen et Quellon. Les principales villes sont les suivantes : Ancud, Castro, Achao, Dalcahue, Quemchi, Queilen, Curaco de Velez, Chonchi, Puqueldon et Quellon. La population atteint environ 154 000 habitants. 52,7% de la population vit en zone rurale, ce qui place cette province en seconde position, à l’égard de la ruralité, au Chili.



Problématique


" L’essence de notre culture locale provient des bois, des plages et des mers " explique le chercheur chilote Renato Cardenas dans sa Botanica de la cotidianidad. Le Huilliche et le Chono, les ancêtres du chilote, avaient établi un code de relations avec la nature. Ils vivaient au quotidien avec la forêt, la comprenaient à partir d’une vision magique, mythique, affective et rationnelle. Selon leur conception, chaque être humain à l’égal de la forêt, la mer, les animaux, les plantes, est intégré à un système bien plus important que l’univers : le cosmos. " Ils ont tracé les principes d’une discipline que l’on appelle aujourd’hui l’écologie ", estime Renato Cardenas.
Ce sont les Espagnols qui les premiers ont exploité massivement la forêt chilote, initialement l’alerce (Fitzroya cupressoides (Mol.) Johnst.). Ensuite la surface boisée a été de plus en plus réduite afin de rendre les terres cultivables, une réalité encore d’actualité aujourd’hui. " Les premiers bûcherons furent indigènes, c’est pourquoi les noms de la flore et de la faune sont en langue indigène " explique Renato Cardenas. La toponymie indigène fondée sur le nom des plantes est riche : Queilen, Tocoihue, Palqui, Lemuy, Quellón o Puqueldón, Colegual, Voigue, Quiquilhue …

De la forêt, les Pehuenches (les Mapuches de la Cordillère) extraient leurs aliments premiers. Pour les chilotes, la forêt, c’est la maison, l’embarcation, les outils et la médecine ou " lahuen ". Carolina Villagran, ethnobotaniste chilienne, assure qu’à Chiloé " actuellement près de 80% de la flore endémique est encore aujourd’hui porteuse de noms vernaculaires, et qu’elle est utilisée au quotidien pour répondre aux différentes nécessités des populations ".



JDM sur Chiloé


Chloé Batissou a séjourné à quatre reprises sur l’île de Chiloé afin de mener des recherches ethnobotaniques, en 2000, 2002, 2003 et 2005. En 2003 et 2005, " Jardins du monde " a encouragé sa démarche. Elle s’est rendue en mars et avril 2005 au Chili, sur l’île de Chiloé, afin de poursuivre les études ethnobotaniques entamées en 2003, travail explicité dans son mémoire réalisé lors du diplôme universitaire d’ethnobotanique de Lille : " Enquête ethnobotanique sur l’île de Chiloé ".
Des enquêtes ethnobotaniques et un travail de valorisation des savoirs ancestraux relatifs au végétal ont été menées avec les enfants de l’école du village de Calen et les anciens. Le travail a consisté à sensibiliser les enfants à l’usage des plantes en organisant des échanges de savoirs intergénérationnels, entre les grands-parents et les enfants. Nous avons appréhendé certes l’emploi des plantes médicinales, mais nous avons aussi abordé d’autres aspects de l’ethnobotanique, à savoir l’usage des plantes permettant de teindre la laine de mouton, qui a longtemps vêtu les chilotes, l’usage des essences de bois employées lors de la construction des bateaux de pêche. Car comme évoqué précédemment, la flore endémique est soumise à de multiples usages, au quotidien, par la population chilote. "Mille bois, mille manières de construire le monde", écrit Renato Cardenas.



Chronogramme des activités


Chacun des séjours a permis de consolider les relations établies sur place avec la population et les institutions.
Il est important dans un premier temps de poursuivre le recensement, déjà entamé, des plantes à usage médicinal, des plantes tinctoriales, des bois de construction des bateaux et monographies et des savoirs, de poursuivre les enquêtes ethnobotaniques. Puis de sensibiliser les jeunes au patrimoine chilote - le leur -, à la sauvegarde de ces savoir-faire ancestraux, toujours en lien avec les anciens.
L’édition d’un livret à destination des chilotes sur cette première expérience d’échanges, de sauvegarde de la mémoire et des usages, réalisée en 2005, est programmée.



Partenaires


Araucanie

La Corporation Nationale Forestière du Chili (CONAF) suit les lignes d’actions suivantes : protection, conservation et investigation du patrimoine forestier du Chili ; activités forestières et aides aux petits exploitants forestiers.
http://www.conaf.cl

Chiloé

Directeur de province de l’éducation de Chiloé.
Village et école de Calen.


 



Contexte local Problématique JDM au Guatemala
Partenaires Projets




Contexte local


La république du Guatemala compte plus de 11 millions d’habitants. Territoire le plus peuplé d’Amérique centrale, le Guatemala s’étend sur 108 889 Km_. Il est en partie couvert de chaînes montagneuses (Altiplano) et de forêts tropicales humides. Le pays se trouve sur une zone de convergence de trois plaques tectoniques qui, suite à leurs mouvements, provoquent séismes et éruptions volcaniques. Les tremblements de terre les plus graves ont eu lieu en 1773, 1917 et 1976.

Le Guatemala est un pays de contraste et de diversité ethnique, avec une population pluriculturelle, pluriethnique et multilingue. Cependant les clivages qui existent dans la société guatémaltèque rappellent les caractéristiques des pays d'Amérique latine : les ladinos (blancs, créoles, métis ou européens) détiennent la plupart des pouvoirs et des privilèges à l’inverse des indigènes. Ces derniers représentent 70 % de la population. Cela représente vingt-et-une communautés linguistiques, dont les K´iche´, Mam, Kaqchikel, Q´eqchi´, Q´anjob´al, Tz´utjil, Ixil, Ch´orti´, Pocomchi´, Popti´, Pocomam, Chuj, Sakapulteko, Akateko, Awakateko, Achí, Garífuna, Tektiteko, Mopán, Xinka, Sipakapense, Uspanteko, Kanjobal et Itzá.
Plus de la moitié de la population du pays vit en milieu rural. Son activité principale se situe dans le secteur primaire (culture de maïs, haricots, pommes de terre, élevage). Les principaux produits d’exportation sont le café, le sucre, la banane et la cardamome.
Il est estimé que 35,8 % des adultes sont analphabètes. C’est au sein de la population indigène que les taux d’analphabétisation sont les plus élevés (70 %).
Le Guatemala se trouve au 120e rang mondial (7ème rang mondial pour la France), concernant l’indicateur de développement humain. Le Produit National Brut est de 56,53 milliards d’US $, le Produit Intérieur Brut par habitant atteint 4 144 US $ (23 474 en France US $). Les voies de communication du pays sont très peu développées : 9 276 km des 12 795 km de routes praticables ne sont pas asphaltés.
L’instabilité du gouvernement guatémaltèque, sur fond de secousses de la récession des Etats-Unis, désempare les populations. Depuis le début de l’année 2001, le cours du café est en chute libre avec une baisse de près de 50 %. Or la production de café représente une part importante de l’économie agricole et du marché de l’emploi. Concernant les approvisionnements alimentaires, la situation reste tendue dans les régions les plus affectées par la sécheresse ou les différents ouragans parcourant la région en fin de saison des pluies. Un nombre élevé d’enfants souffrent de malnutrition aiguë.


Problématique


Certaines familles ont l’habitude de recourir à la médecine traditionnelle pour les affections courantes. De nombreux facteurs concourent au déclin de celle-ci et la démarche tend à s’atténuer. La menace de disparition de la pharmacopée maya est grande. Les nouvelles générations idéalisent la médecine moderne et son arsenal thérapeutique. Elles ne voient pas la nécessité de la médecine traditionnelle.
La vision holistique que les anciens ont de la maladie se dilue à cause de la nouvelle façon de penser. La manière de percevoir la maladie ne peut être que profondément perturbée. La découverte du " Nouveau Monde ", qui a engendré le projet d’évangélisation des indigènes, a renforcé ce phénomène par la destruction de l’équilibre que les anciens obtenaient en appliquant leur cosmovision.
De plus, les tradipraticiens sont de plus en plus âgés. Leur remplacement est problématique. Aussi, leur médecine a tendance à disparaître avec eux. Cette déstructuration est accentuée car la plupart des informations sont uniquement transmises oralement, tandis que la transmission familiale des savoirs décline.
Faute d’avoir l’environnement socioéconomique adéquat, les populations rurales n’ont pas les moyens d’accéder au système de soin occidental. L’accès aux médicaments chimiques leur est par conséquent grandement limité. Leur coût d’achat est beaucoup trop élevé, malgré des aides de l’état.
L’utilisation des médicaments chimiques n’est pas familière aux communautés rurales, ce qui engendre fréquemment leur mauvais usage ou, par manque de médecins, l’autoconsommation dangereuse.
De nombreuses familles se retrouvent ainsi dans l’incapacité de se soigner ou de soigner leurs proches. Il en est de même pour les soins à apporter aux animaux de la ferme, ce qui cause des pertes considérables pour le foyer, l’activité principale des familles rurales étant liée à l’agriculture et à l’élevage.
Nous nous trouvons face à un problème d’inadéquation du système de santé de type occidental ou biomédical, géographiquement, économiquement et surtout culturellement inadapté aux systèmes de ces populations mayas.
Il y a une ignorance ou un rejet de la médecine traditionnelle par la médecine moderne et par conséquent un enseignement aux soignants ne la prenant pas en compte dans des domaines où elle aurait totalement sa place. Jardins du monde se trouve à l’interface de ces deux systèmes de santé. Avec respect pour les deux systèmes, il se charge de la traduction de l’un vers l’autre. Face à la réalité du terrain, JDM prône la valorisation et la formation dans le système de pensée traditionnel maya avec, le cas échéant des informations issues du système scientifique.


JDM au Guatemala


L’association est présente sur le terrain depuis 1992. En cette période troublée, de nombreuses ONG soutenaient les populations d’un Guatemala en guerre. Dans le souci d’autonomie et de respect de la culture des populations mayas, Jean-Pierre Nicolas a commencé sur l’altiplano l’application d’une démarche ethnobotanique. C’est auprès des Mayas K’iché qu’il a en premier abouti au partage des connaissances traditionnelles et scientifiques relatives aux plantes médicales. Il est ensuite intervenu auprès d’autres peuples : mayas, Ixil, Mam, Tzutuhil,… A la demande de Médecins sans frontières, Médecins du monde, Enfants réfugiés du monde, Vétérinaires sans frontières, JDM a rapidement développé ses connaissances et savoir-faire dans la valorisation des plantes médicinales et de la médecine traditionnelle dans le cadre de formations aux agents de santé de ces différentes ONG. Rapidement, d’un bout à l’autre du Guatemala, l’association fait ses investigations ethnobotaniques puis ses enseignements sur la culture, la récolte et l’utilisation des plantes médicinales. Des ateliers sur les transformations des plantes en forme galénique simple comme les sirops, teinture et pommades sont également mis en place. Le partage et l’amélioration des techniques permettent la vente de ces médicaments à base de plantes et ainsi l’autogestion des jardins et des pharmacies communautaires des agents de santé en lien avec ces ONG. Mais surtout permettent l’autonomie de ces agents de santé bénévoles à la suite du départ de ces ONG, quand la situation s’est améliorée au Guatemala. Aujourd’hui encore, JDM s’appuie sur des associations locales anciennement formées par VSF ou MDM.
A chaque étape de ses activités JDM a laissé des traces écrites sous la forme de posters, de fiches didactiques, de manuels pédagogiques ou de livres.


Partenaires


Asociación de promotores agropecuarios del triángulo Ixil (APAPTIX)
Cantón Jolob’Xan, 14 013, Nebaj, El Quiché, Guatemala

Personne de contact chargée du projet : Edmundo Ceto
Lieu d’intervention : département de El Quiché, milieu rural
Domaine d’activités : développement de la santé vétérinaire et humaine
Actions en cours : formation et suivi d’agents de santé humaine et vétérinaire, suivi des jardins médicinaux, aménagement et gestion d’un laboratoire et d’une pharmacie centraux
Publications / rapports :
80 " Fichas populares de plantas de uso medicinal ", publications JDM-VSF France, 1999.
Historique et nature de la coopération avec le partenaire : liens institutionnels et contractuels :
Mise en place avec le soutien de Vétérinaires sans Frontières de Lyon, l’APAPTIX est devenue rapidement une organisation autonome. Elle a pour objet le développement des communautés à faible revenu de la région ixil, dans le domaine vétérinaire et, grâce à l’appui de Jardins du Monde depuis cinq ans, dans le domaine de la santé humaine. Cette collaboration est officialisée sous forme d’une convention, signée par les deux parties en 2000.
Rôle et implication dans la préparation et la mise en œuvre du projet proposé :
L’APAPTIX devient pilote en matière de production de plantes médicinales et de phytomédicaments au Guatemala. La qualité de sa production intéresse les organismes nationaux d’exportation (AGEXPRONT, etc.). JDM assure le suivi scientifique et la formation des agents de santé tant dans la réalisation de nouveau protocoles galéniques que dans la formation de formateurs. La renommée de l’Apaptix font naître des demandes de formations que les agents de santé locaux assurent auprès d’autres groupes au Guatemala. Un projet d’élaboration d’un manuel à l’usage des écoles est en cours dans le cadre de notre collaboration avec l’association Mayacoeur, intervenant dans la zone ixile et dans le Petén.

Rxiin Tnamet
Cantón Xechivoy, Santiago Atitlán, Sololá, Guatemala

– Personne de contact chargée du projet : Leticia Toj de Mendez
– Principaux domaines d’intervention :
Zone d’intervention :département de Sololá, milieu rural
Domaine d’activités : développement, santé
Actions en cours : formation et suivi de sages-femmes et de mères de familles
– Publications et rapports :
Rxiin Tnamet, Vivamos Mejor, Médicos del Mundo – España, Jardins du Monde, 2002.- " Comadronas y plantas medicinales : manual para el personal de salud ", Guatemala.
– Historique et nature de la coopération avec le partenaire : liens institutionnels et contractuels :
Depuis 2001, Jardins du Monde intervient aux côtés de Médecins du Monde - Espagne et de Rxiin Tnamet. Notre intervention consiste à redonner confiance en l’usage des plantes dans les soins de la femme enceinte et post-parturiente, ainsi qu’à adapter et harmoniser les pratiques. A partir de 2003, Médecins du Monde a terminé ses activités dans ce secteur. Jardins du Monde poursuit cependant sa collaboration avec l’association Rxiin Tnamet.
– Rôle et implication dans la préparation et la mise en œuvre du projet proposé :
Rxiin Tnamet coordonne un programme de développement des soins de santé communautaires, à l’initiative de groupes de sages-femmes et de mères de familles indigènes. L’association fait appel à Jardins du Monde pour ses compétences scientifiques concernant l’usage des plantes médicinales, et propose en contrepartie les moyens logistiques sur le terrain. Elle souhaite continuer les formations aux sages femmes traditionnelles sur la base du manuel effectué en 2002 et mettre en place une nouvelle formation traitant des soins à apporter aux nourrissons et jeunes enfants. Un manuel, qui sera à la base de la formation est en cours de réalisation sur les mêmes formes que le précédent. De plus, Rxiin Tnamet a renouvelé son souhait de voir s’implanter un jardin de plantes médicinales dans le secteur de Santiago et un laboratoire et une pharmacie communautaire dans leurs locaux.

Vétérinaires sans Frontières-CICDA

– Zone d’intervention : département de Alta Verapaz, milieu rural de la région de Chisec.
– Domaine d’activités : ethnobotanique, agro-élevage, sécurité alimentaire, appui aux organisations locales.
– Activités en cours : étude ethnobotanique auprès des populations Q’eqchi (Caroline Dodeman).
– Projets :
Valorisation des savoirs locaux et formation à l’éducation à la santé auprès de groupes de femmes. Formations à la préparation de remèdes à base de plantes médicinales locales et mise en place de structures appropriées pour la fabrication et la vente de la production.
La rédaction d’un manuel sur l’utilisation des plantes médicinales de la zone Q’eqchi est envisagée dans le cadre d’une collaboration avec l’association Mayacoeur.


Projets


Mise en place d’une collaboration avec l’association Mayacoeur.

Collaboration avec l’université San Carlos de Guatemala.
Le 13 mars 2002 une convention réglait les relations entre l’université San Carlos de Guatemala et l’université de Lille 2. Cet accord de collaboration soutient les activités de JDM qui en est le principal acteur sur le terrain. Cette convention a été mise en place grâce au soutien amical de Madame Amarillis Saravia, professeure de pharmacologie à la faculté de pharmacie.





Contexte local Problématique JDM dans le sud du Honduras
Partenaires




Contexte local


La république du Honduras comporte un territoire vallonné d’une superficie de 112 492 km_, dont 45 % sont recouverts de forêts. Comme dans la plupart des pays du Sud, les voies de communication sont mauvaises, avec seulement 2 644 km de routes asphaltées sur un total de 14 602 km dans l’ensemble du pays. Sa population s’élève à 6 488 702 habitants, 53,35 % vivent en zone rurale. Les groupes ethniques minoritaires présents au Honduras sont les Lenca, Garífuna, Negros, Miskito, Tolupán, Chortí, Pech, Tawahka et Nahoa, formant approximativement 13,18 % de la population nationale. Les principaux produits d’exportation sont le café, les crevettes, la banane, le cigare, le plomb et le zinc. La population active du pays se situe majoritairement dans le secteur agricole : les départements de Choluteca et de El Valle, où se trouvent nos partenaires, se dédient surtout à la culture de la canne à sucre, du melon, de la pastèque, du maïs, du sorgho, du coton et à l’élevage bovin et de crevettes, et aux services portuaires. Le PNB s’élève à 5,5 milliards US $, et le PNB par habitant à 860 US $. Le Honduras se trouve au 116e rang mondial en terme d’IDH. La mortalité infantile dans le pays se chiffre à 44 pour 1 000 naissances.
(Sources : Honduras y el mundo. Atlas geográfico actualizado, 2002, Ediciones Ramsés, Tegucigalpa; www.monde-diplomatique.fr, 2000)

Près de 5 millions de personnes vivent dans la pauvreté. Cette pauvreté s’est intensifiée après le passage de l’ouragan Mitch en 1998. En effet, 70 % des infrastructures ont été endommagées, ce qui a eu une répercussion néfaste sur le développement économique du pays. La politique économique n’arrange en rien la situation de crise, et les différences sociales s’accentuent. Quelques chiffres qui parlent d’eux mêmes : 1,6 % des grands propriétaires terriens détiennent environ 43 % des terres, et 82 % des petits propriétaires se partagent 19 % des terres. Tensions, violences et discriminations sont des maux quotidiens qui ne font qu’aggraver les problèmes de santé. La situation sanitaire ne cesse de se dégrader. Si les maladies parasitaires et la tuberculose sont toujours au sommet du palmarès, les troubles psychiatriques et le sida sont en pleine expansion. Durant 2002 et en fin 2005, les pluies ont été particulièrement abondantes dans les régions centrales du pays, où les dommages aux habitations et à l’infrastructure rurale sont conséquents. La situation des approvisionnements alimentaires se déroule avec difficulté. Les départements les plus touchés par la sécheresse et aussi les pluies diluviennes sont : Francisco de Morazán, Intibuca, Comayagua, El Paraiso et dans le sud Choluteca, Valle.


Problématique


La situation socio-économique du Honduras va de mal en pis. Le traité de Libre Commerce avec les Etats-Unis a été ratifié par le gouvernement sans consultation populaire.
La crise socio-économique actuelle ressemble fort à celle rencontrée lors de l’arrivée de Jardins du Monde (JDM) au Honduras en 1997. La situation a même évolué négativement. Dans le domaine de la santé, les services se privatisent. Selon l’Organisation Panaméricaine de la Santé, 42% des établissements de santé du pays sont privés et leurs tarifs ne cessent d’augmenter. Les consultations valent jusqu’à 80 Lempires, soit environ 3 euros. 43 % de la population hondurienne vit avec moins de 1 euro par jour (INE, 2005). Les centres de santé publics ont de moins en moins de moyens. Désormais, même la classe moyenne fait appel à l’hôpital public à cause de la baisse de leur pouvoir d’achat. Cette demande provoque un besoin supplémentaire en médecins et en médicaments. Actuellement au Honduras, 10 000 habitants sont à la charge d’un seul médecin, alors qu’à Cuba, un médecin s’occupe de 19 personnes. De plus, 70 % des médecins travaillent dans le secteur public urbain à la capitale et dans le nord du pays, ce qui montre que les zones rurales sont très mal desservies. Les conditions d’hygiène et les infrastructures des hôpitaux se détériorent faute de maintenance. Les patients se plaignent fréquemment de l’insécurité, de l’insuffisance des médicaments, fournitures, éclairage, ventilation, lits, du mauvais état des sols, carrelages et plafonds et du haut risque de contamination du matériel médical.
(Source : El Libertador, février-mars 2005)

La situation sanitaire du Honduras concerne JDM. Les agents de santé avec lesquels nous travaillons, ont un rôle de plus en plus prépondérant dans les zones rurales en particulier de part leur formation et leur présence ininterrompue dans la communauté. De plus, à leur demande, nous travaillons en étroite collaboration avec les services de santé publics, en particulier avec la région sanitaire Sud et l’hôpital de Choluteca.


JDM dans le sud du Honduras


Les sœurs de la communauté bretonne de Kermaria, Filles de Jésus, sont implantées depuis de nombreuses années au Honduras. Elles s’occupent des soins et de l’éducation des plus déshérités. Voilà 25 ans dans les deux départements du Sud, Valle et Choluteca, elles ont formé des agents de santé issus des communautés villageoises, aux soins de santé primaires sur la base de la médecine conventionnelle et les ont regroupés au sein de la pastorale de la santé du diocèse. Peu à peu, face aux difficultés d’approvisionnement en médicaments et à la pauvreté grandissante des populations, elles s’en sont remises à la médecine traditionnelle en particulier grâce à l’aide d’une réfugiée nicaraguayenne, Oralia Rodriguez. Celle-ci a commencé à y développer des formations et la promotion de l’élaboration de produits à base de plantes. Bien que convaincu du bien fondé de cette initiative, cet empirisme laissait perplexe l’évêché qui se met à la recherche de spécialistes dans le domaine des plantes. En 1997, Liliane Abgrall, sœur infirmière chargée de la coordination de la pastorale de la santé, originaire de Spézet (29) contactait JDM et la même année, nous convenions de collaborer à leurs activités.
Depuis, notre collaboration est très active malgré les douleurs laissées par l’ouragan Mitch en 1998. Après un état des lieux de leurs travaux, nous avons fait quelques réajustements et poursuivi les formations sur la base d’un manuel à l’usage des agents de santé et des mères de famille. La production de phytomédicaments n’a cessé d’augmenter jusqu’à plafonner à 16 tonnes en 2002. Peu à peu, les agents de santé se voient pourvus de jardins médicinaux et leur formation dans le domaine de la santé complétée.
A la demande de la région sanitaire, nous avons entamé des recherches dans les domaines du paludisme et des leishmanioses.


Activités en cours.

JDM continue d’assurer ses formations auprès des 150 agents de santé de la pastorale de la santé. Une série de modules de protocoles de prise en charge des pathologies locales leur a été proposée en 2005. Ils sont tous formés de la manière suivante : définition de la pathologie, étiologie, diagnostic, prévention, soins intégrant l’usage des plantes, limites de cet usage, pronostic….
Peu à peu, les agents de santé se voient pourvus de matériel leur permettant de mettre en culture un jardin de plantes médicinales. Le laboratoire du dispensaire de Las Colinas, à Choluteca et le jardin attenant ont été améliorés.
Les recherches concernant l’usage de plantes médicinales avancent notamment en collaboration avec le laboratoire de pharmacognosie de la faculté de pharmacie de Marseille.
L’amélioration des locaux et des modes de production des phytomédicaments se poursuivent.
La direction de l’hôpital nous demande de collaborer plus intensivement dans les domaines de la formation de leur personnel et aussi de réfléchir à la mise en place d’une unité de production de médicaments simples à l’intérieur de leur structure.

Partenaires


Caritas- Pastorale Sociale
Casa Guadalupe, Evêché de Choluteca, Honduras
Tél. : (00 504) 782 0582/780 3915 Email : carichol@hondutel.hn

Contacts chargés du projet :
Mgr Raoul Corriveau, Gladys María Ortiz.
Principaux domaines d’intervention :
Zone d’intervention : départements de Choluteca et El Valle, milieu rural
Domaine d’activitéss : développement des soins de santé communautaires
Actions en cours : formation et suivi des 150 agents de santé, mise en place et aménagement de jardins médicinaux, d’un laboratoire et d’une pharmacie centraux, publications didactiques, parasitologie (recherche appliquée au paludisme et aux leishmanioses)
Publications, rapports :
Evêché de Choluteca, Jardins du Monde, 2003. Plantas medicinales para el hogar: Manual para promotores de salud y madres de familia, Honduras.
Fiches didactiques en cours de publication au fur et à mesure des formations des agents de santé.
Principaux donateurs :
Caritas, Fondation Léger Québec
Historique et nature de la coopération avec le partenaire : liens institutionnels et contractuels :
Partenaire de la Pastorale de la santé depuis 1997, Jardins du Monde apporte ses connaissances en matière d’ethnobotanique appliquée aux soins de santé primaires, dans le cadre des formations et du suivi des agents de santé, des jardins médicinaux, des laboratoires et des pharmacies communautaires. Cette collaboration est officialisée sous forme d’une convention, signée en 1998.
Rôle et implication dans la préparation et la mise en œuvre du projet proposé :
La Pastorale de la santé est très active en matière de développement communautaire, et forme une équipe dynamique et soudée, oeuvrant pour de meilleures conditions de vie des populations locales. L’association fait appel à Jardins du Monde pour ses compétences scientifiques concernant l’usage des plantes médicinales et propose en contrepartie les moyens logistiques sur le terrain et la collaboration à la publication des ouvrages didactiques. La pastorale collabore activement avec les services de l’hôpital de Choluteca et ceux de la région sanitaire, notamment en ce qui concerne la lutte contre le paludisme et les leishmanioses.
La situation sanitaire se dégradant, les services de l’hôpital de Choluteca a fait appel à JDM pour assurer des formations auprès de son personnel.





Contexte local Problématique
JDM dans la province d’Antsiranana Partenaires



Contexte local


Situation

Madagascar est la quatrième plus grande île au monde. Située à quatre cent kilomètres au large des côtes est-africaines au niveau de la Tanzanie et du Mozambique, elle s’étend sur 1 580 km du nord au sud et sur 580 km d’ouest en est. Sa superficie est de 587 000 Km_, soit à peu près autant que la France et le Benelux réunis. Sa latitude (entre 11°57’ et 25°38’) la place tout entière dans la zone tropicale.
La république de Madagascar porte le nom officiel de Repoblikan'i Madagasikara. Sa capitale est Antananarivo (ou Tananarive), dont la population dépasse 1,2 millions d’habitants.
Le pays est divisé administrativement en six faritany (provinces), chacune articulée autour d’une ville du même nom : Toamasina (Tamatave), Antananarivo (Tananarive), Mahajanga (Majunga), Toliary (Tuléar), Antsiranana (Diego-Suarez) et Fianarantsoa.

La population malgache

Madagascar comptait 16,9 millions d’habitants en 2003. Le taux d’accroissement annuel de près de 3,3 % permet d’estimer à 20 millions la population en 2005.
Malgré la proximité géographique des côtes africaines, les habitants du pays ne se reconnaissent pas " Africains ".
Les types physiques assez contrastés que l’on peut rencontrer du nord au sud, d’est en ouest, témoignent de la particularité des origines des Malgaches. Le peuplement de Madagascar se serait fait par vagues successives de petits groupes en des points différents de l’île, par des peuples afro-asiatiques venant d'horizons divers : Afrique (Tanzanie et Mozambique actuels), Sud-est asiatique (Indonésie), Proche-Orient, Inde, Europe, etc. Il en résulte la société pluriculturelle malgache, avec les communautés malgaches, comorienne, européenne, indienne et chinoise. La communauté malgache compte quant à elle 18 ethnies principales, chacune parlant sa " variété linguistique " de malgache.

Les climats

Durant l’hiver austral, l’île est pratiquement entièrement dans le lit de l’alizé austral. C’est surtout sur la côte nord-est que ce vent, de direction sud-est, est le plus sensible. Il est très violent à Antsiranana, station la plus venteuse de toute l’île en hiver et printemps austral.
L’île de Madagascar est également exposée tous les ans aux cyclones tropicaux, fortes dépressions au sein desquels les vents atteignent 100 Km/h ou plus.
Deux grandes saisons régissent le climat malgache : la saison sèche inclue l’hiver austral, d’avril à octobre (période la plus fraîche) et la saison des pluies s’étend de novembre à mars (période la plus chaude).
L’île présente une grande diversité de reliefs et de climats. On distingue globalement :
Les hautes terres centrales ou les hauts plateaux, au climat tropical d’altitude,
Le versant est et les enclaves du Nord, au climat tropical humide,
Les plaines de l’ouest, au climat tropical sec,
Le sud-ouest et le sud, quasi-désertiques au climat semi-aride.

La situation économique et la pauvreté

Son indice de développement humain (IDH) place Madagascar au 149ème rang mondial, selon les données du Rapport Mondial sur le Développement humain 2003 du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Plus de 70 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les indicateurs macroéconomiques montrent que la nation s’est appauvrie de façon continue au cours des 30 dernières années. Le salaire mensuel minimum est d’environ 180 000 francs malgaches (soit environ 15 ¤), et le salaire moyen de 250 000 Fmg (soit 21 ¤). La dévaluation du franc malgache n’a pas cessé ces dernières années, surtout lors de la crise du riz de décembre-janvier 2004-2005.

Le secteur primaire occupe la première place dans l’économie nationale et il est à l’origine de 80 % des recettes à l’exportation. Les cultures d’exportation sont principalement constituées par le café, la vanille, le sucre de canne, le clou de girofle, le cacao, le coton, le litchi, le sisal et la noix de coco. Leurs prix sont soumis à la fluctuation des marchés internationaux.
Le café constitue la première source en devises des produits agricoles, puis vient la vanille et le girofle. La filière du café est en difficulté depuis près de 5 ans à cause de la chute du cours mondial. Actuellement, des efforts sont entrepris pour remplacer les plantes de café existantes par la variété arabica et ainsi espérer retrouver le marché d’exportation.
La vanille qui a tant fait la réputation de Madagascar, n’est plus ce qu’elle représentait sur le marché mondial d’exportation. En effet, du fait que l’agroalimentaire international s’oriente de plus en plus vers la vanilline synthétique et vers de la vanille produite ailleurs à un moindre coût (Indonésie…), la filière s’est effondrée en fin 2004, obligeant les producteurs à revoir leur organisation et la valorisation de leurs cultures. Elle faisait jusqu’à présent l’objet de spéculation maffieuse au niveau local (vol de vanille sur pied, banditisme rural…). La vanille n’est pas accessible à l’achat pour la majorité des Malgaches et est quasiment exclusivement exportée. Elle n’est pas présente sur les marchés locaux, et ne profite pas aux producteurs.

Plus de 80 % de la population active se trouve dans le secteur agricole et vit en milieu rural.
Les agriculteurs traditionnels sont les plus nombreux. Un grand nombre travaille encore à la bêche et n’ont pas les avantages de la culture attelée. Les surfaces moyennes de culture couvrent 1,2 hectares pour les exploitations traditionnelles et 130 hectares pour les exploitations modernes. Il faut noter que 75 % des pauvres à Madagascar sont des petits exploitants agricoles (c'est-à-dire qui exploitent moins de deux hectares), vivant sur des cultures vivrières. En effet, 80 % des agriculteurs, et surtout 90 % des petits agriculteurs vivent en dessous du seuil de pauvreté. Comme ces petits agriculteurs ne disposent que de petites parcelles exiguës, leurs activités sont presque totalement orientées vers l’autoconsommation, dans le but principal d’assurer leur survie. Ils cultivent alors en priorité le riz (alimentation de base de la population malgache) et le manioc, qui constituent les deux premières sources de calories des ménages.
L’accès à la terre est l’un des principaux déterminants de la pauvreté à Madagascar. Le degré de pauvreté diminue avec la taille de l’exploitation. Moins de 40 % des agriculteurs qui exploitent plus de 1,5 hectares sont pauvres, alors que les 85 % de ceux qui exploitent moins de 0,5 hectare vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Problématique


La problématique de déforestation

La grande diversité climatique et celle des écosystèmes terrestres expliquent la richesse floristique exceptionnelle de l’île. La variété de la flore est considérable et la flore de l’île compte près de 90 % d’endémisme. Cependant, celle-ci est de plus en plus menacée.
La déforestation est à Madagascar l'une des plus alarmantes du monde tropical et l’on parle de catastrophe écologique. Seuls 20 % du territoire malgache sont encore recouverts de forêt, ce qui représente environ 13 millions d'hectares. Aujourd'hui, la déforestation atteint des proportions inquiétantes : chaque année, quelque 200 à 300 000 hectares de forêt disparaissent. Ce processus s'est récemment intensifié, tout particulièrement dans le sud et le sud-ouest de l'île. Madagascar a perdu les trois-quarts de son couvert forestier primaire, au bénéfice de la savane ; Les feux répétés pouvant même conduire à l’apparition de prairies stériles.
La destruction des forêts présente à Madagascar un caractère de gravité très important : la mise à nu des sols accélère les processus et l’extension des sols latéritiques. La latérisation résulte de l’altération pratiquement complète des minéraux de la roche mère. Suite à la déforestation, les pluies lessivent plus facilement l’humus et la terre meuble superficielle, laissant ces argiles mises à nu se transformer. Ces argiles sont le plus souvent des kaolinites. Elles s’agrègent de façon stable avec le fer. L’aluminium libre reste dans le profil. Tous les autres éléments sont lessivés. Le sol trop riche en fer et en aluminium devient dur et stérile et une croûte se forme, durcie par les effets du soleil. La régénération de la forêt est alors pratiquement impossible. Les lavaka, excavations creusées par l’érosion, viennent fissurer les versants des collines alors dénudées.
Les causes principales de la déforestation et de l’érosion qui en résulte sont les feux de prairie pendant la saison sèche, la pratique du tavy (abattis-brûlis), et l’utilisation du charbon de bois comme combustible. Pour plus de 90 % de la population malgache, même en ville, le bois reste la seule et unique source d’énergie pour cuisiner. On ne peut incriminer les populations ou les rendre coupables. Les feux de prairie sont un moyen d’accroître les surfaces cultivables et donc les revenus. Nous sommes toujours dans une problématique de subsistance des populations qui se traduit par une agression du milieu. C’est malheureusement le sort fréquent des pays du Sud, qui, déjà fragilisés par une mondialisation inégale, aggravent leur situation en ne pouvant gérer ou préserver leurs richesses naturelles. Leurs préoccupations quotidiennes sont la plupart du temps loin d’être écologiques, ce que l’on peut comprendre.

La situation sanitaire

La situation sanitaire alarmante de Madagascar résulte des difficultés économiques et sociales du pays.
Les niveaux de mortalité infantile et juvénile justifient l’attention particulière accordée aux actions menées en matière de protection maternelle et infantile. Les dernières données disponibles montrent un taux de mortalité infantile de 78 ‰ et infanto-juvénile de 126 ‰ pour une espérance de vie à la naissance estimée à 54 ans (données UNICEF, 2003).
Le taux de mortalité maternelle se situe autour de 660 pour 100 000 femmes, le taux de fécondité est de 5,6 et le taux de croissance toujours élevé de la population de 2,8 % l’an.
Les taux de mortalité maternelle, infantile et juvénile sont particulièrement importants et sont principalement liés au paludisme, aux maladies diarrhéiques et aux infections respiratoires aiguës.
Concernant l’état nutritionnel des enfants à Madagascar en 2003, 48,6 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance et pour 26 % d’entre eux il s’agit d’un retard sévère.
Le mode d’approvisionnement en eau constitue un autre facteur clé ayant un impact sur l’état sanitaire de la population en général et des enfants en particulier. Ainsi en 1999, seulement 1,1 % des ménages ont une plomberie intérieure et 15,8 % s’approvisionnent auprès des robinets publics.
Plus de la moitié des foyers malgaches s’alimente en eau provenant des sources non contrôlées comme les lacs et les rivières, alors que 18 % utilisent des puits avec ou sans pompe.
L’apparition du choléra à Madagascar (appelé maladie de la main sale) en mai 1999, a constitué une menace réelle avec une incidence de 8 613 cas en 1999 et 499 décès constatés selon le ministère de la santé.
Les maladies infectieuses et parasitaires, qui sont étroitement liées aux conditions de vie, à la salubrité de l’environnement et à la pauvreté en général, représentent toujours une proportion majeure de la mortalité dans toutes les tranches d’âge. Le paludisme est la première cause de mortalité. La tuberculose redevient un problème majeur de santé publique. La séroprévalence pour le VIH augmente rapidement (estimation du taux de prévalence chez les adultes de 15 à 49 ans à 1,7 % à la fin de l’année 2003). D’autres MST dont principalement la syphilis et la blennorragie touchent près de 30 % de la population.

Le pays compte 11 médecins pour 100 000 habitants, dont 8 dans le secteur public. Avec un centre de santé primaire pour 5 000 habitants, et un hôpital pour environ 150 000 habitants, le pays dispose d’un réseau de formations sanitaires publiques assurant une bonne couverture du territoire. Le problème se situe au niveau de leur fonctionnalité. Les centres de santé de base ne sont pas toujours fonctionnels pour cause de manque de personnel, manque de médicaments, manque de matériel de soins, difficultés d’approvisionnement en saison des pluies, etc.
Ainsi, au plan national, selon les données du ministère de la santé, 16,5 % des centres de santé de base (CSB) et 11 % des centres hospitaliers de district sont vétustes, ce qui peut apparaître théoriquement non catastrophique. Mais dans les faits, l’insuffisance et l’inadéquation des équipements réduisent réellement la capacité opérationnelle des centres. Par exemple, seuls 54,5 % des réfrigérateurs sont fonctionnels pour un taux de couverture nationale déjà insuffisant de 76 %.
Seuls 45 % des CSB sont pourvus de médecins dans le pays, ces centres se trouvant en général autour des zones urbaines. En outre, 12 % des districts n’ont pas encore de médecins du fait surtout de leur enclavement. Globalement, 49 % des médecins du secteur public exercent en zone rurale où se trouve 80 % de la population malgache, tandis que les médecins du secteur privé sont pratiquement installés dans les zones urbaines. Selon l’ordre des médecins, 80 % des médecins sont en pratique libérale dans l’agglomération d’Antananarivo.

Parallèlement, le système de santé traditionnel demeure très actif et populaire au sein des populations rurales qui y font appel en première intention. La typologie des tradipraticiens malgaches n’est guère aisée, compte-tenu des nombreuses catégories dans lesquelles ils se répartissent, en fonction des méthodes thérapeutiques qu’ils adoptent et du fait qu’ils fassent intervenir ou non la dimension surnaturelle dans l’étiologie de la pathologie ou du désordre.

L’itinéraire thérapeutique des malades

La prise en charge de maladies mineures repose en premier lieu sur l’environnement familial et tout spécialement féminin. Le rôle des femmes, des mères de famille est primordial, puisqu’elles sont ainsi quasiment toujours les premiers agents de santé. L’acquisition des connaissances en terme de matière médicale repose sur la transmission orale. Les filles apprennent de leurs mères au fur et à mesure de leurs confrontations à des pathologies. Comme dans beaucoup de sociétés, c’est la mère qui prend en charge les problèmes liés à la santé des enfants. Celle-ci est souvent conseillée ou épaulée par les autres femmes de son entourage, en fonction de l’organisation communautaire.
L’intervention d’une personne extérieure n’est requise que lorsque la maladie est jugée plus grave. Dans ce cas, on fait alors appel en seconde intention à un tradithérapeute, un mpitsabo signifiant " soignant " ou un mpanasitrana signifiant " guérisseur ". Pour les maladies les plus courantes, ce spécialiste prescrit des recettes de plantes médicinales, en indiquant le mode de préparation et la posologie. Si l’origine du mal est attribuée à une maladie obscure, liée à une cause surnaturelle, à l’intervention des esprits ou d’un mal mystique, alors l’intervention d’un ombiasy, " devin-guérisseur ", est nécessaire pour diagnostiquer la cause de la maladie et prescrire les remèdes exigés pour sa guérison.
Ce n’est souvent que dans les cas d’échecs de ces consultations de seconde intention que l’on consultera un médecin.



JDM dans la province d’Antsiranana


Nos activités à Madagascar se situent dans le nord de l’île, dans la province autonome d’Antsiranana (ou Diego Suarez), sur le district sanitaire de Diego II. L’association y est présente depuis octobre 2003.
En automne 2002, l’Université Nord d’Antsiranana et plus précisément le département de Chimie portait un projet intitulé " Valorisation des plantes médicinales et des plantes alimentaires de la province Nord de Madagascar ", qu’il soumettait au conseil général du Finistère (secteur de la coopération décentralisée) pour obtenir son soutien financier. Le directeur de la chaire de chimie faisait part de son souhait de collaborer avec l’association Jardins du monde basée à Lille. Le conseil général du Finistère s’est vite rendu compte que l’association JDM était en Finistère, et nous a informé de ce projet et de cette demande de collaboration. JDM, en tant qu’association finistérienne, a alors décidé de mener une mission exploratoire dans la région d’Antsiranana, afin d’évaluer la situation sanitaire et les possibilités de développement de nos activités dans cette région.
Une convention inter universitaire a alors été signée entre les universités de Lille (et ainsi JDM) et d’Antsiranana. Celle-ci permettait de joindre les compétences des uns et des autres pour la conduite d’enquêtes ethnobotaniques, préalable indispensable aux activités de JDM dans les soins de santé primaire, mais aussi du département de chimie pour la sélection de plantes pour une analyse phytochimique.
Un grand volet de cette première mission a ainsi consisté en des enquêtes ethnobotaniques auprès des populations locales (inventaire et établissement d’une base de données des plantes médicinales utilisées dans la zone, confection d’herbiers, analyses de la situation sanitaire,…).
Un second volet a consisté à dresser une analyse de la situation sanitaire et à évaluer les besoins des populations en terme de santé. Des partenariats ont été engagés avec des organisations communautaires dans trois villages du district sanitaire de Diego II.
Par ailleurs, un autre objectif de cette recherche s’est affiné au fur et à mesure des contacts progressifs avec de nouveaux partenaires malgaches : collaborer à la réalisation de la pharmacopée du nord de Madagascar. L’association malgache d’ethnopharmacologie (AME), récemment créée à Madagascar, avec l’aide et la formation de la société française d’ethnopharmacologie (SFE), souhaitait rédiger la pharmacopée nationale malgache. Nos enquêtes dans la région nord l’intéressaient fortement, puisque cette zone était jusqu’alors dépourvue d’investigation en matière d’ethnobotanique ou de botanique. La SFE et les scientifiques français se penchent depuis longtemps sur la zone des Mascareignes.

En janvier 2005, JDM a obtenu des financements du ministère des affaires étrangères pour le développement de ses activités à Madagascar. Nous avons alors décidé d’entamer un programme sur un minimum de trois années. Entre temps, nos partenaires malgaches ont poursuivi sur place les enquêtes ethnobotaniques. Du côté français, nous avons mené des recherches bibliographiques scientifiques tout au long de 2004 et rédigé une ébauche de la pharmacopée régionale (qui a depuis été intégrée à la pharmacopée nationale en cours de rédaction par l’AME).
Les objectifs proposés en 2005 étaient les suivants :
- Première année : poursuite des enquêtes, évaluations, formations, mises en place de jardins médicinaux, documents didactiques. (2005)
- Deuxième année : formations, mises en place de laboratoires. (2006)
- Troisième année : formations, mises en place de pharmacies communautaires. (2007)

Identification des communautés partenaires

L’identification des communautés partenaires s’est effectuée principalement en octobre 2003 lors de la mission exploratoire de JDM. Ces groupes sont constitués d’hommes et de femmes désireux de se rassembler autour d’un objectif principal, l’amélioration de leurs conditions de vie et en particulier celles de leur accès aux soins. Ils comprennent souvent des agents de santé traditionnels, comme des Reny-zaza (sages-femmes traditionnelles).
Ces associations sont celles avec lesquelles sont effectuées les enquêtes ethnobotaniques. Ces enquêtes ont été menées d’octobre 2003 à mars 2005. De nouvelles données continuent d’alimenter nos bases de données. Ces groupes sont aussi ceux avec lesquels nous mettons en place des jardins médicinaux (voir liste des partenaires plus bas).

Elaboration d’une base de données

Les enquêtes ethnobotaniques réalisées depuis octobre 2003 ont permis la mise en place d’une base de données et d’un herbier de référence (dont un exemplaire est déposé à la faculté des sciences d’Antsiranana, dans le cadre de la convention inter-universitaire). Cette base de donnée comporte aujourd’hui les informations conc