Portrait de… Nina Maka, responsable nutrition au sein de l’équipe Jardins du Monde à Madagascar.  Nina partage son temps entre l’hôpital et Jardins du Monde. Une double vie ? Non, un équilibre personnel et professionnel qui lui permet d’enrichir sa pratique, d’un côté comme de l’autre ! Elle nous raconte :

Quand et comment ton expérience à Jardins du Monde a-t-elle commencé ?

Suite à l’obtention de mon diplôme de sage-femme en 2006, j’ai dû attendre mon affectation dans la fonction publique hospitalière avant de pouvoir exercer. Je me suis alors impliquée dans des projets bénévoles. Mon intérêt pour la santé et les plantes médicinales m’ont amenée à rencontrer l’association Avupma (Association pour la valorisation et l’usage des plantes médicinales d’Antsiranana) qui travaillait déjà avec Jardins du Monde (JdM). C’est ainsi que j’ai connu JdM et Benjamin, le coordinateur de l’époque. Il cherchait une animatrice pour des formations santé à l’usage des plantes médicinales. Avec le soutien des membres de l’Avupma et grâce à mes compétences dans le domaine de la santé,  j’ai pu intégrer l’équipe en 2008.

En tant qu’agent de santé, quels sont tes diplômes et ton parcours professionnel ?

J’ai passé 3 ans en école paramédicale pour devenir sage-femme et j’ai commencé à exercer à l’Hôpital Be de Diego Suarez en 2009. J’y ai travaillé en tant que sage-femme puis en tant qu’infirmière. Même après ma nomination au CHU, j’ai souhaité continué mon aventure à JdM. A l’hôpital, nous fonctionnons sur des gardes de 24h, suivies de jours de récupération, ce qui me permet de travailler à mi-temps pour JdM et de pouvoir allier mes deux activités professionnelles. En 2015, j’ai souhaité compléter ma formation d’agent de santé et j’ai intégré un Master en anesthésie/réanimation à Tananarive. J’ai dû partir pour la capitale et suspendre mes activités, autant à l’hôpital qu’à JdM. Joséphine m’a remplacée pour animer les formations aux plantes médicinales. J’ai obtenu mon diplôme en 2017 et je suis revenue à Diego pour réintégrer l’Hôpital Be en tant qu’infirmière, en attendant ma nomination en tant qu’infirmière anesthésiste. J’ai aussi pu revenir à Jardins du Monde pour développer le projet nutrition. J’ai eu ma nouvelle nomination d’infirmière anesthésiste depuis peu et je travaille désormais à l’Hôpital Tanambao, l’autre hôpital de Diego.

Qu’est ce qui te plaît dans tes fonctions au sein de JdM ?

Je suis un agent de santé, et ce qui me plaît en premier lieu chez JdM, c’est que nous participons à l’amélioration de l’état de santé des populations. Je porte également un grand intérêt à la nature et aux plantes en général. J’aime partager mes connaissances avec les gens et travailler avec les populations en brousse. JdM nous laisse nous épanouir dans notre travail. Nous avons une grande liberté, de l’autonomie, nous pouvons faire des propositions, et cette manière de travailler me plaît beaucoup.

Comment a démarré le projet nutrition à Madagascar ?

Le projet nutrition existait depuis longtemps. On en parlait déjà avant mon départ pour Tana en 2015, mais nous n’avions pas le temps ni assez de personnel pour véritablement lancer le projet. A mon retour sur Diego, l’idée a été relancée et JdM m’a réintégrée dans l’équipe en tant que responsable de ce nouveau volet. Je suis très contente, j’aime me lancer dans de nouveaux projets et participer à la mise en place de nouvelles activités.

Comment tu utilises tes compétences d’agent de santé à JdM ? Et inversement, comment tu utilises les connaissances de JdM à l’hôpital ?

Ces deux activités se complètent très bien. Je puise des connaissances à l’hôpital, notamment en ce qui concerne les pathologies et les symptômes, que je réutilise dans le cadre de mes missions JdM. Par exemple à l’hôpital, nous préconisons aux patients atteints d’hypertension le suivi d’un régime alimentaire en complément du traitement. Mes conseils lors des formations nutrition JdM pour la prévention de l’hypertension sont les mêmes. Et grâce à JdM, je peux conseiller mes patients sur l’utilisation de certaines plantes médicinales en complément de leur traitement.