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(LE PAYS Situation : État constitué par une grande île de l'océan Indien, séparée de l'Afrique par le canal de Mozambique |
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Bonjour tous ! Dj bientt septembre, milieu de saison sche ici dans le Nord malagasyÉ fin de notre priode commune de travail du trio Antoine, Marie-Laure, OdileÉ Antoine met le cap sur la France dbut septembre, moi la fin septembre. Odile (notre collgue malgache, laquelle nous adressons encore tous nos remerciements pour son investissement dans les activits de JDM), assurera sur le terrain la priode dĠattente dĠun nouveau volontaire qui rejoindra Madagascar en dcembre. Six mois de vie et de travail communs, une riche aventure humaine en mme temps quĠune exprience trs constructiveÉ LĠheure de faire un petit bilan depuis le dernier BulbĠthym !
Du ct des activits de JDMÉ volution du projet
Jardins dans les 3 villages de Madirobe, Sadjoavato, Joffreville et projet Anivorano Dans les 3 jardins, la plupart des plantes slectionnes sont plantes/semes. Ces jardins ont pour lĠinstant un rle de jardin pdagogique, en soutien aux formations dispenses aux groupes (Associations AFED de Joffreville, FIVEMIA de Madirobe, VOI de Sadjovato). Une quarantaine de plantes ont t slectionnes. Les espces arbustives ou les arbres vont galement tre plants dans les mois qui viennent, en dbut de saison humide. Un autre projet de ralisation dĠun nouveau jardin est en cours Anivorano (75 km de Diego), avec une nouvelle association demandeuse dĠune collaboration. Odile va assurer entre octobre et dcembre le suivi des jardins.
Formations sur la base du manuel temporaire dĠducation la sant, en cours de traduction. Depuis juillet, nous avons entam des formations auprs des femmes / hommes de ces associations, sur lĠutilisation des plantes mdicinales. Ces formations se font simplement, sous forme de runions, soit dans les jardins, soit au village ( chaque sance, assistent environ 12 15 personnes). Les thmes abords ont t pour lĠinstant les suivants : vers intestinaux, maladies respiratoires (toux sche, asthme), diarrhes. Ces premires formations avaient pour buts dĠune part de tester leur adquation aux demandes de ces groupes ; dĠautre part de cibler pour JDM la manire dont elles devaient se dispenser : niveau, langage (termes en malgache localÉ). Il faut ici souligner le grand travail ralis par Odile pour cibler les Ç bons mots ÈÉ tant pour lĠcrit que pour lĠoral. Les groupes ont montr un intrt vif pour ces formations, et manifestent leur satisfaction, en voquant surtout le fait que les solutions proposes sont simples adopter : les plantes sont souvent bien disponibles au sein des villages, et communes. Ils jugent ces formations trs adaptes et sont trs assidus (surtout Madirobe et Joffreville). Un change rel sĠest cr, et la motivation semble sĠaccrotre chaque rencontre (nombre de participants, entretien du jardin É). Des hommes Joffreville ont souhait collaborer, en appuyant les femmes pour la ralisation du jardin, mais aussi pour participer ces formations. A Madirobe, le jardin a t visit par un groupe du village voisin (Ankarongana), qui demande une rencontre, afin de pouvoir discuter dĠune collaboration. Nos liens avec lĠAFDI (volet agricole de la Coopration du Conseil Gnral du Finistre) facilitent ces changes, puisque nous travaillons avec des groupes communs.
Relations avec les agents de sant des CSB (Centres de Sant de Base) Nos relations avec Melle Laurence, (Joffreville, mdecin), et Melle Shirley (Sadjoavato, sage-femme) se renforcent. Toutes deux sont trs intresses pour une collaboration troite. Nous leur avons dans un premier temps dpos une bauche dĠun manuel, de manire ce quĠelles expriment des critiques, et proposent des modifications, en fonction de leur pratique quotidienne. Elles sont intresses pour participer lĠanimation de ces formations. Shirley y a ainsi particip dj deux reprises. Laurence Joffre souhaite galement assister la prochaine rencontre, qui se fera au dispensaire, de manire ce quĠelle ne quitte pas son poste. A Madirobe, il nĠy a pas de CSB, mais une pharmacie communautaire, gre par lĠassociation FIVEMIA. La dispensatrice de cette pharmacie communautaire est membre de FIVEMIA et participe nos changes. Des axes de rflexion peuvent galement sĠouvrir, notamment pour renforcer les changes entre les acteurs du systme de soins traditionnel (notamment les sage-femmes traditionnelles, ou reny-zaza) et les acteurs du systme Ç conventionnel È, forme la mode occidentale, biomdicale. Les acteurs du systme traditionnel nous mentionnent quĠils se sentent un peu complexs, et Ç infrieurs È aux biomdicaux. Ils souhaiteraient de la formation, mais ne peuvent communiquer. Les agents de sant biomdicaux de leur ct nous font part quĠils ont besoin des acteurs traditionnels, surtout des sage-femmes, dans la mesure o dans la plupart des villages o il nĠy a pas de structure sanitaire, les femmes accouchent avec les reny-zaza chez elles, ou alors viennent au dispensaire du village voisin accompagnes de ces reny-zaza. Elles aimeraient donc mieux changer avec les reny-zaza, savoirs-faires et expriences. Le Ministre de la Sant et du Planning Familial souhaiterait aussi favoriser ces changes entre la sphre traditionnelle et la sphre biomdicale. Par ailleurs, nous avons, en juin 2005, rencontr suite la proposition de Mr Romuald, mdecin inspecteur responsable du district sanitaire de Diego II, lĠensemble des agents de sant du district, afin dĠexposer les objectifs de JDM. De ces changes, il nous semble que les agents de sant soient intresss par ce que peut proposer JDM, dans la mesure o tous sont confronts lĠabsence ou la difficult dĠapprovisionnement en mdicaments, et leur cot trop lev pour leurs patients. Ils expriment vivement leur souhait de connatre les proprits et/ou toxicit des plantes que leurs patients utilisent couramment en premire intention, et automdication. Trs souvent, leurs patients ne les consultent quĠaprs chec ou insuffisance dĠefficacit. Mais certains manifestent tout de mme quelques inquitudes : - Quel serait le cadre lgal de leur exercice, pour conseiller/prescrire des plantes mdicinales. - NĠy aurait-il pas un manque gagner pour eux ? Nous sentons une interrogation latente quant lĠintrt quĠils pourraient perdre en terme de Ç vendre moins È de mdicaments.
Nos liens avec les partenaires scientifiques Malgaches : Fin juin, nous avons pu rencontrer Antananarivo nos partenaires de lĠIMRA (Institut Malgache de Recherche Applique) . Nous avons pu envisager des propositions de collaboration (quant la ralisation de fiches monographiques dĠutilisation de plantes lĠattention dĠagents de sant pour une utilisation nationale ; manuel lĠusage des agents de sant ; changes dĠinformations et de base de donnes, analyse dĠchantillons dĠArtemisia annua seme dans les jardins de Madirobe, Joffreville ; recherches sur lĠusage de plantes mdicinales). JDM doit galement fournir lĠAssociation Malgache dĠEthnopharmacologie (AME) sa base de donnes, et contribuer ainsi lĠlaboration de la Pharmacope nationale. Au niveau de lĠUniversit de Diego, notre collaboration est stable, particulirement avec la Facult des Sciences (convention). Les herbiers raliss entre 2003-2004 y sont consigns. Mme Nathalie, botaniste de la facult, nous aide vivement pour lĠidentification des herbiers.
Perspectives Au fur et mesure, nous pensons valuer, par un retour (qualitatif) dĠinformation des groupes et/ou agents de sant recevant les formations : - la justesse et lĠefficacit des plantes slectionnes - le bon ciblage des pathologies faisant lĠobjet dĠune proposition de prise en charge par les plantes mdicinales (formations, manuels) - lĠintrt les utiliser ou des agents de sant les conseiller (versus mdicaments conventionnels : prix, disponibilit, É.) - la motivation de chacun des acteurs pour poursuivre vers la phase de mise en place de production de plantes mdicinales ou de remdes traditionnels amliors (RTA). A lĠheure actuelle, nous pensons quĠil serait bon de rflchir lĠvolution de ce projet, entre tous les acteurs (JDM, Ministre de la Sant ou Direction Rgionale de la Sant, IMRA, Inspection de la Sant, groupes communautaires villageois ...). Il serait sans doute bon de dfinir un cadre lgislatif et institutionnel clair dans lequel le projet devra voluer. Nous recevons pour cela le soutien de la Direction Rgionale de la Sant. Dans les mois qui viennent, nous pensons travailler ensemble pour faire des propositions concrtes au niveau du Ministre de la Sant, particulirement le secteur de la Mdecine Traditionnelle. LĠorganisation des formations dĠagents de sant devrait prendre progressivement forme partir de dcembre, une fois ce cadre pos.
Du ct des ressentisÉ et Ç nouvelles locales ÈÉ Pour ce qui est de la situation locale, nationale... difficile de la rsumer en quelques lignes... Des exemples suffiront peut-tre faire sentir lĠambiance dĠici, en citant des lments de vie ou travail quotidiens... ou des ressentis, au fil des rencontres, discussions... La socit nationale de distribution dĠeau et dĠlectricit (Jirama) est en grosses difficults financires, et ne peut plus payer le gasoil qui lui sert produire son lectricit : pannes de courant dans tout le pays depuis le 10 mai, avec soit coupures totales (au dbut) soit des heures de dlestages de dure variable selon les villes, les quartiers... Imaginons cela en France... une panne dĠlectricit nationale, sur plusieurs mois (des quartiers entiers plongs dans le noir la nuit, les rues sombres, les bureaux administratifs attendant les quelques heures quotidiennes de courant... la restauration bloque (plus de froid), lĠhpital sans lectricit... des cours la fac qui ne peuvent se donner... pas dĠordinateur fonctionnant dans aucune structure... sauf celles qui possdent un groupe lectrogne (c'est--dire celles des populations indo-pakistanaises, ou des occidentaux, des grands htels...). Priodes de travail sĠadaptant aux horaires de dlestage lorsque lĠon sĠaperoit quĠils sont rguliers... Seule la vie en brousse est inchange... Et
tout cela sans raction de la population malgache... qui attend patiemment
que la situation redevienne normale... les explications ces coupures
sont issues du bouche oreille : puisque pas de courant, pas de radio,
pas dĠinformations... et la presse nĠest pas toujours objective. Il
semble que cĠest surtout la peur de sĠexprimer sur les vraies raisons
qui freinent les gens ragir... ( corruption ? dpenses ministrielles
abusives ? ...) Les critiques de la gouvernance du Prsident Ravalomanana, qui est depuis 3 ans au pouvoir, sont de plus en plus audibles... Lui-mme chef dĠentreprise, numro un de lĠagroalimentaire malgache (Tiko), il ouvre grande sa porte aux investisseurs trangers, amricains, chinois... Mais les populations sont bien loin de sentir une amlioration de leur niveau de vie. Au contraire, le cot de la vie ne cesse dĠaugmenter... Les gens ont bien du mal joindre les deux bouts, surtout Tana, la capitale. Sinon,
au niveau de nos ressentis en tant quĠONG... Difficile de se positionner
ici dans le Ç dveloppement È, terme aussi large que chacun peut y mettre
ce quĠil veut... Difficile de glaner des informations relles, mais en tous les cas beaucoup dĠagitation dans les rues de la clbre Rue Colbert, entre le Grand Htel rutilant et les bonnes petites " gargottes manioc/brochettes "É des globe-trotters roots ou des ribambelles dĠaccents amricains, sans oublier bien sr toujours ce terreau de tourisme sexuel, duquel au bout du compte on finit par ne mme plus tre choqus, en sĠhabituant ces couples vieux vazaha-jeune malgache !! Que
deviendra Madagascar quand la Banque Mondiale sĠen ira (peut-tre en
2007)... ? Les projets foisonnent, notamment pour ce qui nous concerne
dans le dveloppement rural (PSDR : programme de soutien au dveloppement
rural)... Crise de la vanille : (voir Site internet de RFI, documentaire du 24 aot 2005) Le
Nord Est malgache, particulirement la rgion SAVA (Sambava-Vohemar)
est le grenier vanille de Madagascar. La vanille de Madagascar tait
jusquĠil y a peu la plus rpute des pays producteurs, et la plus recherche.
Depuis 1999, le prix du kilogramme de vanille nĠa cess de grimper,
face aux demandes croissantes et au prix de plus en plus fort quĠacceptaient
de payer les acheteurs (restaurateurs, industries agro-alimentairesÉ).
Ainsi entre 1999 et 2004, le prix est pass de 50 dollars le kg plus
de 500 dollars. En tous les cas, cĠest encore lĠoccasion de sensibiliser le consommateur/acheteur que nous sommes tous quant la qualit des produits quĠil achte... Quant aux consquences que peuvent avoir nos comportements tousÉ Marie-Laure Caradec
ACTUALITÉS : Burkina Faso . Chili . Guatemala . Honduras . Tibet °_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_°_° (REPORTAGE PHOTOS (cliquer pour agrandir)
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